Son existence ne se réduit qu'à ce mot: marionnette. Les gens jouent avec lui comme avec un pantin. Ils lui font faire ce qu'ils veulent, sans se soucier des conséquences. Il en a toujours été ainsi. Jamais ils ne se sont demandés si il n'était pas humain, comme eux somme toute. Non, ils se contentent de tirer sur ses ficelles, l'obligeant de faire telle ou telle chose à leur guise. Quand la folie le prend de vouloir avoir le contrôle de son corps, ils ne sont pas content: leur jouet risque de se retourner contre eux, chaque jour un peu plus, et peut-être un jour être totalement libre de ses actes. Alors il fera tout ce qu'il voudra, il se vengera. Lentement, doucement pour qu'ils ne voient pas l'inversion des rôles. Le maître deviendra l'élève, l'apprenti dépassera l'instructeur. Il coupera les cordes attachées à ses membres pour les nouer autour des leurs. Il tirera sur les ficelles, les fera marcher jusqu'à user leurs pieds, crier jusqu'à ce qu'ils perdent leurs voix. Il les laissera libre un moment, le temps pour eux d'essayer de défaire les liens autour de leurs bras, leurs jambes. Et lorsque qu'ils seront presque libres, il resserrera les ficelles et les mettra dans la boite où il range tout ses jouets, comme eux le faisaient, sachant très bien qu'il avait peur du noir. Il refermera le couvercle et attendra le lendemain avant de rejouer avec eux, continuant chaque jour à les user un peu plus, jusqu'à ce que ces jouets soient cassés.